Des contrats de génération sous pression

Faisant fi des réalités d’une conjoncture économique anémiée dans biens des secteurs d’activité, le gouvernement entend imposer des sanctions aux entreprises de plus de 300 salariés qui ne remplissent pas leurs obligations vis-à-vis du contrat de génération. Une pression insupportable au moment où beaucoup d’entre-elles essaient avant tout de sortir la tête de l’eau et ne disposent d’aucune visibilité pour s’engager sur 3 ans.

Des contrats de génération sous pression

« L’emploi ne viendra que comme conséquence du rétablissement d’un climat favorable aux entreprises » a récemment rappelé Pierre Gattaz, le Président du MEDEF. Pourtant, le gouvernement gère une fois de plus ce dossier par la contrainte, comme si l’emploi pouvait se décréter, oubliant que si le succès de ce dispositif, pourtant séduisant sur le fond et auquel les entreprises aimeraient plus largement souscrire n’est pas au rendez-vous, c’est que la conjoncture économique et sa croissance atone ne les y incite guère.

Un manque de visibilité

Affaiblies par la crise et des charges qui ont atteint des niveaux record, les trésoreries des entreprises sont exsangues. Scrutant des carnets de commande gagnés par l’incertitude, elles sont peu nombreuses à pouvoir s’engager. Résultat, si les accords se sont multipliés dans les grands groupes, ils tardent encore dans les branches. Mais les entreprises dont les marges sont au plus bas, peuvent-elles aujourd’hui se permettre d’embaucher un jeune en CDI tout en gardant un senior pendant trois ans, quand elles ne savent pas de quoi demain sera fait ?

Une double peine

Pour atteindre son objectif de 75 000 embauches sur un an, le gouvernement pointe le doigt sur les entreprises moyennes et les presse d’accélérer le mouvement, sous peine de sanctions financières représentant 1 % de leur masse salariale. Ce qui revient à dire qu’elles seront doublement pénalisées par l’absence de croissance et l’absence d’embauche qui en résulte.

Coller aux besoins de l’entreprise

Gérer ainsi l’emploi par la contrainte, c’est laisser croire que les entreprises sacrifient les salariés sur l’autel de leur rentabilité, alors qu’elles n’ont d’autre ambition que de créer de la richesse et de la croissance clé de l’emploi et que bon nombre d’entre-elles s’engagent dans la reconversion de territoires chahutés par la crise, comme j’ai eu l’occasion de le faire à Lisieux. Bien avant les contrats de génération, j’ai instauré au sein de mon groupe un système de tutorat pour faciliter l’intégration des jeunes dans l’entreprise et le maintien des seniors dans l’emploi qui donne d’excellents résultats, et que nous venons de renforcer par un accord d’entreprise, élaboré sur la base d’un diagnostic préalable de nos besoins. Car c’est bien là que se situe la pierre d’achoppement. Il ne sert à rien de vouloir imposer des accords avec des objectifs chiffrés, s’ils ne correspondent à aucun besoin de l’entreprise et aucune réalité sur le terrain.

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