Pacte de responsabilité : les entreprises attendent des actes clairs

S’il convient de saluer la prise de conscience par le Chef de l’Etat que ce sont les entreprises qui créent l’emploi et qu’il faut restaurer un environnement fiscal et réglementaire favorable à leur croissance, la vigilance reste de mise sur la mise en oeuvre du Pacte de Responsabilité.

Pacte de responsabilité, les entreprises attendent des actes clairs

Avec 100 milliards de charges supplémentaires par rapport à leurs concurrentes européennes, les entreprises françaises ne peuvent lutter à armes égales, et être aussi compétitives. La prise en compte de cette réalité par le Chef de l’Etat et sa volonté affichée de recréer des conditions favorables à l’investissement et l’emploi, semblent augurer d’une nouvelle ère, où l’entreprise est au cœur du dispositif de reconquête économique.

Retrouver des marges de manœuvre

Il y a urgence ! Les trésoreries des PME et TPE sont exsangues, victimes d’une croissance atone, d’une augmentation des retards de paiement et de charges à la limite du supportable. Signe de cette dégradation, la forte hausse du taux de prélèvements obligatoires (46 % du PIB) aura finalement conduit à une baisse des rentrées fiscales de 4 milliards. Restaurer des marges de manoeuvre propres à l’investissement, l’innovation, la croissance et l’emploi, est indispensable. La fin des cotisations familiales pour les entreprises et l’organisation des Assises de la fiscalité des entreprises pour redonner de la visibilité en termes de prélèvements obligatoires d’ici 2017, peuvent y contribuer et sont de nature à restaurer la confiance si les paroles se traduisent dans les faits. Car bien des questions restent en suspens. Cette baisse des prélèvements pour les entreprises passera-t-elle par l’impôt ou par un allègement des cotisations ? Quelles seront les réformes structurelles permettant de réaliser les 50 milliards d’économies sur les dépenses publiques ? Qu’en sera-t-il du financement de la branche familiale à l’avenir ou du traitement de la dette sociale (10 % du PIB en 2030) ? Enfin, quand les premières mesures entreront-elles en vigueur ?

Réactiver le marché de l’emploi

Le ralentissement des destructions d’emplois et le recours aux contrats aidés ne seront pas suffisants pour redynamiser le marché de l’emploi, vient de rappeler l’Unedic qui table sur 63 200 chômeurs de plus en 2014. Réduire le coût du travail s’avère donc essentiel pour inverser la courbe du chômage. Les entreprises sont prêtes à s’engager dans cette voie en fixant par la négociation, des cibles prioritaires dans des secteurs en tensions. Chaque année des milliers d’emplois ne trouvent pas preneurs faute de candidats. Optimiser notre système de formation initiale et professionnelle sera tout aussi primordial dans cette bataille. Mais attention, pour se remettre à investir et à embaucher, les entreprises ont avant tout besoin, c’est une évidence, de carnets de commandes remplis.

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